lundi 1 août 2011

Le Nomade


 Au delà des couteaux, cette passion me fait rencontrer des gens fantastiques. Ce sera l'objet d'un article prochainement.


Maud voulait un couteau original pour son compagnon. Alors elle m'a demandé de lui en faire un. Mais le choix n'étant pas simple, ils sont venus un soir et autour d'une bière fraiche nous avons discuté du projet.

Le Nomade voyait le jour discrètement.

D'habitude je travaille plutôt au feeling, ou à l'arrache comme dirait Doudou.
Pour celui là j'ai décidé de faire un plan et une maquette carton. Surtout pour assurer le perçage de la lame et ne pas me retrouver comme les derniers avec un angle trop important entre la lame et le manche.




Fabrice voulait une lame forgée (bon choix) avec le brut de forge visible (re bon choix)
.

J'ai donc décidé de prendre une barre de torsion pour faire la lame. L'avantage étant le diamètre faible au départ ce qui permet de forger moins longtemps. Et l'acier de ces barres reste souple. Donc le fil, même si il est plus fragile qu'avec du XC75, il est par contre plus facile à réaiguiser.


La pointe sera rabattue, car sur une lame aussi fine je ne peux pas le tirer comme je le fais avec les grands droits.


Et voilà le travail. Enfin une première partie du travail.


L'émouture est faite. J'ai pu remarquer qu'avec la modification que j'ai faite sur mon backstand (roue plus petite en sortie de moteur pour réduire la vitesse) j'obtiens un miroir plus net qu'avant.
Donc la vitesse a bien une incidence sur la qualité des polissages.



Et le guillochage "plume"



Pour la suite du travail j'ai protégé la lame avec du scotch. Si je raye le brut de forge avec une fausse manip, je n'ai pas de possibilité de récupérer l'erreur.


Et voila la lame prète pour la trempe.



Et c'est chose faite. Trempe à l'huile suivie d'un revenu d'une heure à 200°.



Pour le manche, Fabrice a voulu du vieux chêne (encore un bon chiox). Certains ne le trouvent pas noble. Le chêne est un arbre de chez nous. Il était sacré chez les celtes et les Druides y faisaient leur service. C'est aussi sous un chêne que Louis IX (Saint Louis) rendait la justice. Robin des bois avait son quartier général dans un chêne de la forêt de Sherwood ; et enfin il faut 80 ans de mariage pour arriver aux noces de chêne... Donc qu'est ce qui définit la noblesse d'un bois ? Si c'est sa rareté et par conséquent son prix, nous n'avons pas la même définition de la noblesse...
Le Chêne est un Bon Choix.

J'ai donc pris un nouveau morceau dans ma vieille poutre de Haute Saône.


Une fois rabotté pour travailler en avant pour la découpe.


Et enfin le couteau fini.








Reste à lui préparer un costume de sortie.


Et voilà.

Le Nomade est prêt à prendre la route. Et ce n'est pas un vain mot.
Parmi tous les couteaux qui ont quitté mon atelier, celui là sera certainement un de ceux qui verra le plus de paysages. Fabrice est un nomade dans l'âme si je l'ai bien compris. D'ailleurs en sortant de chez moi ils remontaient dans leur camping car et roule....
Bon vent à vous. Et continuez ainsi sans rien changer.
Merci à vous pour cet échange.

Et quand je dis qu'il va voyager....

Son baptême sur le bord d'une route...

Devant la biscuiterie Eponyme

Dans le parc du chateau de Chambord

Dans la main du Nain de Cheverny

samedi 4 juin 2011

Les faux jumeaux

Souvent je parle de lame en "stock removal" alors aujourd'hui j'ai décidé de vous montrer ma façon de faire du "stock".
Ce n'est certainement ni la seule manière ni la meilleur mais c'est comme cela que je fais actuellement. J'avais à préparer un couteau pliant deux clous simple friction. Donc je m'y suis attelé et comme d'habitude pour assurer mes arrière j'ai préparé deux lames en même temps. Ainsi si l'une des deux ne va pas il me reste l'autre.
En avant.
D'abord je prends une tôle d'acier XC75 (dite tôle bleue) et je prépare une bande qui mes permettra de faire les deux lames.




Ensuite je dessine les lames. J'ai décidé de faire un Piémontais et un lame normale.


Le piémontais,

Le normal

Une fois découpé:


Ensuite je précise la forme sur le backstand.




Première utilisation de mon étau à main.


C'est que du bonheur. Fini de ma cramer les pattes.



La csquette c'est pace que les étincelles remontent et me piquent le crâne.

Et voila le résultat; Je suis encore au ponçage au gros grain. Il faudra affiner tout ça: grain de 80 pour commencer puis je descend jusqu'à 400. avant la trempe. Ensuite je passerai au 60 Puis jusqu'à 1200 pour le polissage je finis sur une frotte (roue de coton avec pâte à polir).





Le manche sera fait en chêne.

Je taille dans un morceau de poutre qui vient d'une charpente du XVII ème que j'avais récupéré suite à une démolition.


Je précise la forme à la scie sauteuse. (il faut vraiment que je fasse ressouder ma lame de scie à ruban).


Je mets ensuite une fraise sur ma perceuse à colonne pour faire la rainure. Il faudra que j'en trouve une d'un diamètre inférieur. Celle là me fait une rainure un poil trop large.



Après quelques séries de minutes de ponçage à la main et de l'huile de coude on arrive presque à un résultat correct. Je ne travaille plus les manche sur mon backstand, il tourne trop vite et me brûle le bois.


Une fois le ponçage terminé, j'ai fait tremper le manche dans un bain d'huile de lin et d'essence de térébenthine (mélange à 50%).
C'est beau.


Rebelotte pour la deuxième lame.



Pas de bain pour celui là je veux garder la couleur claire du chêne naturel.


 Et voici deux pliants

Le Dodu



Lame XC75, trempe à l'huile, revenu une fois 1 heure à 200°. La lame sera dure et moins souple mais le fil restera plus longtemps.



J'ai ajouté un clou pour l'arrêt de la queue du Piémontais. C'est plus solide et cela permet de la faire descendre dans le manche.





Le vieux flot.

Bon anniversaire JP ;)







Habillé pour l'occasion en col roulé ne vous en déplaise.





Une petite gravure pour la personnalisation.


Y'a plus qu'à l'offrir. Pourvu que ça plaise.

A bientôt pour de nouvelles aventures.