samedi 15 septembre 2007

Dernier né

Le petit dernier tout droit sorti de l'atelier: "Petit cornu"

21 cm de long dont 10 de lame.
Le manche est en corne, (Merci Jean Marie)
La lame est en acier récupéré sur la rambarde d'escaliers d'un immeuble en démolition. Comme on me l'a fait remarquer sur le forum des couteliers, cela lui confère une dureté douteuse (manque de carbone). Mais la trempe a apparemment pris quand même...
La garde est composée de 2 rondelles de laiton (Merci Jacky)
Avec un insert en cuir issu du talon d'une vielle botte cavalière (Merci Doudou) Autant dire qu'il est sec et dure... Bon assez de Bla Bla et place aux images...

Puisque j'en suis à faire des remerciements, j'aimerais remercier mes voisins qui tolèrent la fumée de ma forge et les quelques heures occasionnelles de bruit de la forge, sans rien dire voir en m'encourageant aux vues du résultat.
Après avoir remercié quelques personnes grâce à qui je peux m'éclater en faisant des couteaux, j'aimerais rendre un hommage tout particulier à Laurence (ma femme) sans qui tout cela n'existerait pas. Elle supporte l'odeur de la fumée de la forge et c'est quelque chose, le bruit de l'enclume, et ce n'est pas rien, les crissement de la lime sur l'acier, le bruit des machines dans l'atelier, l'odeur extraordinairement insupportable des travaux sur la corne, et apporte un oeil critique à l'objet issu de mes mains. Je souhaite à tous ceux qui ont une passion qu'elle soit accueillie et soutenue de la sorte par leur moitié.








vendredi 10 août 2007

Naissance d'un couteau

Voila comment je m'y prends pour fabriquer un couteau. Ceci n'est pas La Façon mais c'est celle que j'utilise et qui ne demande qu'à évoluer. Libre à vous si vous le voulez de faire des commentaires. Tous les conseils sont aussi les bienvenus.

Ne dit on pas que c'est en forgeant qu'on devient forgeron (certain pourraient rajouter c'est en mouchant qu'on devient moucheron et c'est en lisant qu'on devient liseron: Maxime du forum)

Première étape: installation de l'atelier. Je travaille dehors.





On y voit l'enclume, la forge, le sac de charbon (charbon de forge et non de bois) et quelques outils indispensables: marteaux, tenailles


Ensuite il faut lancer le feu.
La tradition veut que l'on y jette une poignée de gros sel.
Je n'ai pas d'explication à cet acte, mais je le fais.
Il y a aussi l'assistant, l'apprenti, le ... Enfin c'est mon fils qui commence lui aussi à s'intéresser à la forge. Et qui apprend les premiers gestes. Il a d''ailleurs ce jour là forgé sa première lame. Les photos apparaîtront plus tard.




Et j'allais oublier la gardienne, qui veille à ce qu'aucun elfe, troll, ou nain jaloux ne vienne déranger notre travail. Elle surveille la porte du passage à l'autre monde, car j'ai découvert dans mon jardin un haut passage de petits êtres, ... Mais ça c'est une autre histoire.


Maintenant au travail. D'abord, faire chauffer la barre de fer au rouge afin de rendre l'acier plus malléable. empoigner le marteau et frapper.







On dit bien qu'il faut frapper le fer quand il est chaud! alors pas d'hésitation. tant qu'il est rouge, on peut frapper.








Ensuite il faut le remettre à chauffer, attendre qu'il rougisse et frapper encore.

Lorsque l'on frappe la lame les coups de marteau doivent toujours aller du départ de la future lame vers ce qui en sera la pointe.
Afin de concentrer les molécules d'acier vers la pointe.





Petit à petit la forme de la lame apparaît. il faudra donc redresser la lame en frappant du côté qui deviendra le tranchant. Afin, toujours, de concentrer les molécules à l'endroit qui devra être le plus solide.






Plus on va avancer dans la forge et plus la forme se précise. Il faut donc travailler de plus en plus finement. Chaque coup de marteau doit avoir une action prévue à l'avance. Afin de ne pas abîmer inutilement l'acier.





Maintenant que la pointe est faite, il faut faire attention à ne pas la brûler car étant plus petite et plus fine, elle chauffe beaucoup plus vite.






dimanche 29 juillet 2007

petit nouveau

Un petit nouveau est sorti de mon atelier.

S'en est un que j'ai fait pour offrir à l'oncle de ma femme qui fêtait ses 60 ans ainsi que sa mise en vacances très prolongées.

Voici la bête.










Il n'est pas très grand: 21 cm .

La lame est en acier de lame de ressort. J'utilise cet acier plutôt qu'un autre d'abord pour ses qualités de résistance mais aussi parce que c'est de la récupération et pour l'instant je ne peux pas me permettre d'acheter de la matière (surtout vu le prix de l'acier). Elle a subit une trermpe à l'eau ce qui lui confère une grande dureté, puis un revenu au four une heure à 200° c'est à dire que je l'y laisse une heure pour "assouplir" l'acier sinon après la trempe la lame serait trop cassante.

Le manche est en pommier pour ce qui est de la partie en bois. Arbre qui avait été abattu par le nouveau propriétaire du couteau. La garde est en laiton la partie en milieu de manche (insert) est faite de 2 rondelles d'aluminium et d'une rondelle de cuir. L'alu m'a posé quelques soucis lors du ponçage du manche car il chauffe tellement que cela m'a fait fondre la colle.

Enfin voila il n'y a plus qu'a espérer que ce couteau ne soit pas mis en vitrine et qu'il serve mais je ne suis pas très inquiet pour ça...

mardi 10 juillet 2007

Et maintenant

Et maintenant voilà où j'en suis.


Celui là a été entièrement forgé dans de l'acier de lame de ressort de camion. Les plaquettes sont en corne. une trempe et un revenu à 200° pendant une heure.



La trempe sert à durcir l'acier, mais la lame est cassante; le revenu détend l'acier et redonne une souplesse sans enlever de solidité.


Celui ci n'est pas à 100% de moi car c'est celui que j'ai réalisé en stage avec Jojo;
il a donc apporté sa touche aux finitions. Cependant l'étui est fait par moi







De celui ci je suis assez fier
(offert à mon meilleur pote; il le mérite bien)

Lame en acier de ressort (trempe à l'eau revenu 1H à200°)
Étui en cuir âme en sapin de chez nous.
Les traces sur le haut de la lame sont ce qu'on appelle du brut de forge: l'acier est tel qu'après le dernier coup de marteau sur la forge; Pas de polissage.

Voici quelques autres travaux de forge

Le deuxième a un manche en loupe d'orme











Le couteau de gauche a été fait tout spécialement pour un pêcheur. Objectifs: il ne doit pas rouiller et doit flotter. objectifs atteints. Mais la lame est en inox et je ne l'ai pas forgée. Elle a été taillée dans un couteau de boucher (genre tranchet). Le manche est en rondelles de liège collées, la garde et le pommeau sont en aluminium. Les dents sur le dos finissent le guillochage en écailleur, le creux à la base du ricasso (départ du tranchant) est affûté et peut servir de coupe fil, la boule ne sert qu'à augmenter la flottabilité. Le dégorgeoir est en laiton. Voilà quelques heures de travail mais un challenge super et apparemment le résultat a plu à son nouveau propriétaire.

Enfin mes derniers ouvrages:
un couteau entièrement brut de forge, brossé à la brosse métallique. Il est en attente de traitement thermique. Et une lame en attente d'un manche.











Donc rendez vous à la prochaine étape...

L'origine d'une passion

Tout a commencé lorsque j'avais 10 ans.

Ma grand mère m'a donné son vieux couteau suisse pour aller me promener.

Avec ce couteau, je me suis taillé un petit couteau dans un morceau de bois, et je me suis rendu compte que ça me plaisait vraiment. Alors j'en ai fait d'autres pour les copains.


Mais pendant longtemps je me suis arrêté au bois. Il me semblait impossible d'en faire un vrai.

Enfin je me suis décidé et j'ai empoigné ma meuleuse et une vulgaire barre de fer. Dans mon garage j'ai meulé, taillé meulé, poncé, reponcé et encore poncé.


Et il y a 3 ans j'ai obtenu ça:




Il mesure 21 cm de long, le manche est en hêtre me semble t il (c'est un manche d'outils acheté dans un bazar). J'ai essayé de tremper la lame, mais ne connaissant encore pas les températures de trempe, j'ai obtenu un résultat très moyen.
Mais son coté primitif me plaît toujours.

Après avoir compris les possibilités offertes par l'acier meulé, j'ai continué à m'amuser un peu.
Et voila certaines de mes réalisations de l'époque.





Il y en a eu d'autres mais qui n'ont rien d'original donc pas besoin de les montrer.


Ensuite, je me suis décidé à forger. Donc j'ai récupéré une petite enclume, le foyer a été fait dans un réservoir de cumulus, un aspirateur monté à l'envers pour la ventilation.


Une barre à béton, une massette, de l'huile Decoude, et c'était parti. Mais les premiers résultats n'ont donné que du fer tordu...

C'est alors que ma femme m'a offert pour mes 40 ans un stage chez georges Erdos (Jojo; qui est super tant au niveau humain qu'au niveau pédagogique. Mais il vaudrait un Blog à lui tout seul... http://www.artisans-d-art.com/erdos/

Du matériel offert par les potes et la famille (pour mes 40 ans toujours) et me voilà prêt pour jouer les Cétautomatix...

Mais ça c'est une autre histoire

Une passion

Je voudrais partager une passion: Les couteaux. Je vais donc essayer par ce blog de vous montrer ce que je fais.Je me doute que ce ne sera pas parfait, mais ça me plait. Et n'est ce pas là le principal?

Voici par exemple mon premier couteau forgé.
La lame a été forgée dans un ressort de suspension de camion. Le manche est en frêne avec un insert en cuir. La garde est en corne de vache de chez nous, et l'intercalaire entre le manche et la garde est en cuir.
Ce couteau m'a demandé 2 heures de forge, et 3 heures pour la confection du manche. Je sais c'est beaucoup. Mais depuis je me suis amélioré.