dimanche 2 mars 2014

Le Noiraud

Chez nous la Noiraude est une vache noire qui paît sereinement dans les vertes pâtures de nos flans de collines.
Je ne connais pas l'origine exacte de la corne noire utilisée pour le couteau qui suit car je l'ai achetée dans un lot de matières diverses et variées.
J'aime à imaginer que pour un couteau elle viendrait plutôt d'un taureau que d'une vache d'où le masculin donné à celui ci.
Machisme me dirai vous? Peut-être et alors! On dit un couteau ou une lame pour le même outil. Aujourd'hui je parlerai d'UN couteau.

Il a été conçu pour une commande particulière. Alain voulait un couteau avec une lame typée Corse et un manche en corne blonde. Mais je n'avais plus de corne blonde. Donc je lui en ai proposé de la noire. Il a accepté.



 J'ai donc forgé la lame dans un barreau d'acier de ressort automobile (barre de torsion)
Puis j'ai découpé une corne noire afin d'en utiliser le cœur.


Depuis quelques temps j'utilise un outil à lame vibrante pour creuser la rainure dans le manche.
genre ça.
Je trouve ça magique. C'est beaucoup plus précis et  facile d'utilisation que ma fraise montée sur la perceuse à colonne.
De plus je ne suis pas coincé dans la largeur de la rainure puisque je fais ce que je veux.


Enfin pour ceux qui ont déjà travaillé la corne, vous comprendrez pourquoi il est nettement plus confortable de travailler dehors:
ça P..!

Nous n'avions pas encore parlé du guillochage à cette étape de la fabrication et lorsque j'ai demandé à Alain ce qu'il voulait , il m'a envoyé la photo d'un guillochage en feuilles dentelées.
Sur le coup ça m'a fait peur, mais bon j'ai aimé le défi et voila le résultat.


J'ai donc pu passer aux traitement thermiques de la lame: trempe à l'huile et revenu une heure à 200° (ou peut-être 180°; là j'ai un trou...)

L'axe est riveté avec une rondelle de laiton et ...



Le couteau est fini. Il n'y a plus qu'à l'expédier en espérant qu'à la réception l'outil plaise.




Le couteau est arrivé et vu le mail que j'ai reçu le jour même j'en déduis que mon travail a plu.





Merci Alain de m'avoir fait confiance. Par cette réalisation j'ai pu découvrir encore de nouvelles techniques de travail; surtout sur le guillochage.

vendredi 15 novembre 2013

Nouveautés

 
Noël approche et je suis sollicité par les organisateurs de marché de Noël. Je serai donc au Marché de Noël de Busy (25320) les samedi 7 et dimanche 8 décembre 2013.
 

 
 
Je serai aussi le  Dimanche 15 décembre 2013 de 10h à 18h au « Marché Dé Z’ARts » à la maison de quartier de Saint Ferjeux rue Ducat
 
 
Pour l'occasion j'ai fini deux couteaux dont les lames étaient prêtes.
 
Le premier a une lame forgée dans une barre de torsion d'automobile avec une partie brute de forge.
 


J'ai fait le manche avec un bois de chevreuil dont j'ai enlevé les andouillers.


J'avais peur que la pointe gène dans l'utilisation. Que Nenni et ça lui donne une "gueule".


Evidemment un petit guillochage sobre.



Le deuxième a aussi une lame forgée avec brut de forge. L'acier est de la même origine que le précèdent.

Le manche est en mokoumé. .




Avec les andouillers de bois de chevreuil que j'avais j'ai fait quelques colliers.





N'hésitez pas à venir me rendre visite.

jeudi 18 juillet 2013

L'âme du couteau lame Corse

J'ai eu il y a quelques temps une commande pour une lame à faire dans un manche en corne d'origine Corse.

Il a fallu que je commence par fabriquer un outil afin de récupérer la forme de la courbure du fond de manche. (confection de l'outil ici)


Cela fait, la lame théorique obtenue est totalement hors des clous. il faut modifier.


Après quelques tâtonnements,

J'ai trouvé deux solutions; une forme très "Corse"



Et une plus traditionnelle.


Les deux projets côte à côte.


Je verrai ce que le futur propriétaire préfère.

Le choix est fait on part sur la typée Corse.


Deuxième étape la forge.

ça n'a pas été facile du fait de la température 25°. Heureusement le matin mon enclume est à l'ombre.


Je pars d'une barre de torsion issue d'une voiture. C'est un acier que j'utilise régulièrement et que j'aime bien de plus le diamètre est adapté à la taille de la lame à forger.



La pointe apparaît...



Une fois la forge finie, je fais trois chauffes de détente. C'est à dire que j'amène l'acier à température de forge et je le refroidis dans l'air (en faisant de grands moulinets ce qui doit faire sourire le voisinage...)

Et enfin je laisse refroidir dans la cendre afin que cela se fasse tranquillement. Les molécules dans l'acier ne sont pas traumatisées. Elles ne savent pas se qui les attend.


Troisième étape détourage de lame et émouture

Partant du dessin que j'ai fait je détoure la lame. Je marque dessus la partie qui sera meulée pour l'émouture.


Je vérifie que tout s'ajuste à peu près. Pas de mauvaise surprise sur l'épaisseur de la lame; ça rentre.


Ouvert il y a de l'ajustage à faire pour que la "queue" de lame se pose sur le clou. Mais c'est plus facile d'en enlever que d'en rajouter.


L'émouture est bien avancée. Je vais descendre en grain pour m’approcher du poli final.


Tout va toujours bien l'ajustage s'approche de l'idéal. Je finirai à la main car au backstand j'ai peur d'en enlever trop.

Il faudra que je fasse le guillochage. Mais ça c'est une autre étape.


Quatrième étape le guillochage



Après avoir vérifié que j'étais assez poche du modèle, je vais pouvoir commencer le guillochage. Après ce sera la trempe, et du coup la lame sera trop dure pour être guillochée facilement.


Pour cela il me faut trois choses:
- Un étau sur rotule qui me permet de bouger la lame dans tous les sens sans avoir à l'enlever de l'étau
- Quelques limes.
- Et un bonne dose d'huile de coude.


N'ayant pas de consigne particulière quant au dessin du guillochage, je laisse libre cours à mon imagination et partant d'un type végétal je lui donne un côté un peu sauvage comme peut l'être le maquis Corse.


Première ébauche;

Pour la suite il faudra attendre je ne mettrai plus de photo car je pense que cela peut nuire au plaisir de la surprise lorsque le futur propriétaire du couteau le découvrira.

Les prochaines étapes sont:
- Finir, polir le guillochage (c'est déjà fait mais chut!)
- Trouver un axe correspondant à la taille du trou existant dans le manche (ça ne va pas être simple car ce n'est pas très standard) et percer la lame C'est fait mais ça n'a pas été facile. Pour l'axe, mais surtout pour trouver la mèche correspondante...
- Ajuster le tout C'est fait
- Faire la trempe C'est fait. Et ça c'est bien passé. j'ai toujours une petite appréhension à ce moment là. J'ai déjà eu des lames qui ont fendues ou qui se sont voilées. Pour l'instant j'en suis au deuxième revenu, une heure à 180°
-Reprendre l'émouture et le polissage final
- Monter le couteau.
- Expédier le tout
Encore quelques heures de travail en perspective....

ça y est le propriétaire l'a en main. Je peux donc mettre les dernières photos... :)

Voila le guillochage terminé,


Et le couteau monté



Le guillochage après polissage




C'était la première fois que je faisais ce genre de travail : partir d'un manche pour faire un lame. Ce fut plus compliqué que ce que je pensais, mais ce fut vraiment intéressant.
Et le propriétaire a l'air très content du résultat....